Partenariat algéro-turc : Réalisation d’un convoyeur au port d’Arzew

Publié le par id.algérie

D.R

Le premier port en Algérie doté d’un convoyeur verra le jour à Oran. L’accord de partenariat portant création d’une société mixte algéro-turque dénommée «Société de port minéralier SPA» a été signé, hier, au siège de «Tosyali Iron Steel Industry Algérie», et ce en présence des autorités locales, à leur tête le wali d’Oran et les responsables de la firme turque. Le projet consiste en la création d’une société commune en joint-venture entre l’Entreprise portuaire d’Arzew, et Tosyali, conformément à la règle  51/49. Le capital social de cette nouvelle société est estimé à deux milliards de dinars, et l’investissement du projet à 60 millions de dollars. Ce dernier comprend la réalisation d’ installations constituées d’équipements de manutention portuaires, de déchargement et de chargement, et d’un convoyeur pouvant être doublé, dédié au transfert dans les deux sens, des minerais de fer, de ferrailles et d’autres produits finis ou semi-fini entre le port de Béthioua et le complexe sidérurgique de Tosyali Algérie, et les autres opérateurs installés dans la zone d’activité de Béthioua. La capacité du futur convoyeur, qui s’étendra sur une bande d’une langueur de 9 km, est de 6.000.000 de tonnes par an, et il sera doté de deux grues de déchargement de 50.000 tonnes par jour. Le projet devra générer 80 emplois et réalisé dans un délai de 12 mois, à compter de la date du lancement de ses travaux, prévu en septembre prochain. Selon M. Gassmi, membre du conseil d’administration de l’aciérie Tosyali, la réalisation de ce projet va permettre à l’Algérie d’économiser pas moins de 180 millions de dollars en devise rien qu’au niveau du transport. «Le transport d’un navire de 30.000 tonnes et un autre de 150.000 tonnes produit une différence de 30 dollars par tonne en minimum en faveur du navire de 150.000 tonnes», a précisé le même responsable, avant d’expliquer que «la condition principale pour bon fonctionnement d’un complexe sidérurgique est la disponibilité et la qualité des moyens de son approvisionnement». Pour M. Gassmi, l’Entreprise portuaire d’Arzew va apporter son savoir-faire en matière de gestion maritime, et Tosyali dans la gestion technique des équipements et machines. Il a résumé, par ailleurs, l’objectif et l’importance de ce grand projet, qui, dit-il, «s’inscrit en droite ligne avec la nouvelle politique  économique du pays, dans 4 points essentiels. Premièrement, il offre une prestation performante au service de l’industrie sidérurgique, avec un impact certain sur la rentabilité et la productivité. Deuxièmement, il réalisera une intégration industrielle avec un maximum de valeur ajoutée à l’échelle nationale. Troisièmement, il va permettre au pays de faire des économies en devises, et quatrièmement, il va assurer un transfert de technologie dans les équipements portuaires». Pour le représentant du partenaire turc, il est indispensable que le projet soit réalisé et livré dans les délais qui lui sont impartis, car, dit-il, «chaque jour perdu est l’équivalent d’ une perte de 6.000 tonnes». Il estime, cependant, que la réussite de ce projet conditionne la réussite de l’industrie sidérurgique dans notre pays. De son côté, le wali d’Oran, Abdelkader Zaâlane, a indiqué que le gouvernement considère ce projet parmi les partenariats-pilotes les plus réussis en Algérie. En marge de la signature de cet accord de partenariat pour la réalisation de ce projet, M. Gassmi a fait savoir que Tosyali vient d’obtenir une concession pour la réalisation de sa nouvelle usine à Oran. Il s’agit d’un nouveau complexe que ses promoteurs qualifient d’«unique en Afrique et même au niveau du bassin méditerranéen». Le même responsable avait affirmé, dans un premier temps, que «l’Algérie continuera à importer la matière première du Brésil et d’autres pays, mais avec l’exploitation du gisement de minerai de fer de Gar Jbilet, l’Algérie gagnera énormément en économie de devises, avec, à la clef, la réalisation d’un quai d’accostage au port d’Arzew pour la réception de la matière première, dans une première phase, et l’exportation des produits finis, dans une seconde phase». Il y a lieu de rappeler, dans un autre registre, qu’une convention a été signée entre la direction de la formation et de l’enseignement professionnels de la wilaya d’Oran, et la société en charge de la réalisation du nouveau complexe pour le compte de  Tosyali, portant sur l’ouverture de 2.200 postes d’emploi sur à la formation au niveau des instituts compétents existant dans les deux communes de Béthioua et d’Arzew, et ce à la faveur du lancement du futur complexe sidérurgique. Selon le directeur de l’emploi de la wilaya d’Oran, M. Kessal Hakim, ce mégaprojet a besoin de la main-d’œuvre qualifiée.
Amel Saher

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/96160

Commenter cet article