Serraï au forum de l’UGCAA : « Développer la production pour être compétitif »

Publié le par ouada yazid

L’expert en économie, Abdelmalek Serraï, a appelé, hier, lors du forum de l’UGCAA, à plaider pour la mécanisation de l’industrie et  la formation des jeunes, rappelant que pas moins de 700.000  Algériens ont  besoin d’être recyclés. Il a estimé que notre pays, qui a signé un accord d’association avec l’Union européenne, a intérêt  à améliorer les conditions de travail dans les entreprises et aller désormais vers le professionnalisme pour  se placer sur le marché européen, avant de poursuivre que la réduction de la facture des importations passe   inéluctablement  par  le développement de la production. S’exprimant sur la rentabilité et la productivité chez l’Algérien, il dira que celles-ci sont passées de 1,3% durant les années 1989 à 1999, à 0,4%, en 2013. Abdelmalek Serraï indiquera ainsi qu’il faut pas moins de 173 heures de travail par an pour garantir une rentabilité moyenne. Le conférencier reviendra dans son intervention sur les salaires de l’Algérien et leur relation avec le pouvoir d’achat, affirmant que le revenu moyen d’un travailleur algérien se situe autour de 32.000 DA, contre 72.000 pour le marocain et 27.000 pour le Tunisien et ce, dans les secteurs public et privé. Il ne manquera pas de relever par ailleurs que le salaire moyen dans le public tourne autour de 45.000 DA, alors que le secteur des hydrocarbures et des mines enregistre des revenus avec une moyenne de 85.000 DA et les plus bas salaires sont constatés dans les entreprises du BTPH avec 24.000 DA  dans le secteur public et 26.000 DA chez le privé.


Dans  le même sillage,  Serraï soutiendra que le SNMG a connu une augmentation de 25%, alors qu’entre 1997 et 2013, la revalorisation  des salaires sera de 9% néanmoins cette   augmentation des revenus des Algériens a été  bouffée par l’inflation qui a atteint des seuils très élevés. L’expert notera que cet état de fait explique les budgets de consommation  des familles qui s’élèvent à près de 60.000, dans les villes et 55.000 DA dans les zones rurales. Il estimera que le manque de structures, l’absence d’affichage des prix, ajoutés   au  problème de gestion des chambres froides et la mauvaise distribution ont ouvert les portes à la spéculation et l’inflation, rappelant que l’Algérien consomme de moins en moins de fruits et légumes aujourd’hui. M. Serraï renvoie l’amélioration du pouvoir d’achat au développement des marchés de proximité, au  contrôle en aval, la sensibilisation et la formation avant de procéder à la répression. Le porte-parole de l’UGCAA, M. Hadj Taher Boulanouar, qui reviendra sur la spéculation soulignera que les fausses dépenses et autres charges que font payer les importateurs aux consommateurs sont très élevées et atteignent aujourd’hui, les 20%  du prix des produits commercialisés, d’où l’intérêt d’assainir le commerce extérieur du monopole et de la spéculation.


Samia D.

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Publié dans Avis d'expert

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