Rpport OBG - Algérie : Les investissements dans l'industrie pourraient se pérenniser

Publié le par ouada yazid

Algeria | 22 Jul 2014  

 

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Restée fortement dépendante des exportations d'hydrocarbures durant plusieurs décennies, l'Algérie s'efforce aujourd'hui de développer les activités à forte valeur ajoutée et la production locale, de réduire la facture des importations et de créer de l'emploi. Même si les progrès sont lents, le pays a récemment récolté le fruit de ses efforts, puisqu’une vague de nouveaux investissements dans l’industrie manufacturière a été annoncée par divers investisseurs nationaux et étrangers.  

Rattraper le temps perdu

 

Plusieurs années de sous-investissement, justifié par les solides performances de l'industrie pétrolière et gazière, conjuguées au « mal hollandais », ont mis à mal la compétitivité et la productivité dans le secteur industriel hors hydrocarbures, qui représente moins de 5 % du produit intérieur brut (PIB).


Pour remédier à ce déséquilibre, le gouvernement a cherché à mettre en place une série de mesures incitatives pour favoriser les dépenses en capital, notamment en prolongeant de 20 à 33 ans la durée des contrats de location renouvelables pour les investisseurs étrangers, et en suspendant les droits de douane et les frais d'inscription. Le processus d'acquisition des terrains industriels, longtemps resté l'une des principales embûches pour les investisseurs, a été amélioré en 2008 avec la création de l'Agence nationale d'intermédiation et de régulation foncière (ANIREF), responsable d'un projet visant à créer 42 nouvelles zones industrielles sur un total de 9.57 hectares répartis dans 34 wilayas (provinces).

 

Si la conjoncture globale peut être complexe par rapport à d'autres marchés de la région, en particulier au vu des lourdes contraintes réglementaires et du peu de garanties offertes aux investisseurs, l'Algérie bénéficie néanmoins d'intrants bon marché, notamment des coûts énergétiques concurrentiels, ainsi que d'un grand marché de consommation et d'un niveau de consommation en hausse.  

Un géant local

 

Les réformes entreprises ont eu un effet notable. D'après l'Office national de la statistique (ONS), l'indice de la production industrielle au premier semestre 2013 a enregistré une croissance à deux chiffres (12.5 %) dans un certain nombre de segments, notamment la sidérurgie, la métallurgie, la mécanique et l'électronique, et une hausse de 7.5 % dans les industries chimique et plastique.

 

Ce sont néanmoins les dépenses en capital qui ont progressé de la façon la plus spectaculaire. Cevital, le premier conglomérat privé algérien en termes de chiffre d'affaires, a fait part au mois de juin de son intention d'investir 200 millions d'euros dans la construction d'une usine de production de machines à laver et de réfrigérateurs. Celle-ci produira des appareils électroménagers de différentes marques, notamment Brandt, puisque le groupe a racheté en avril dernier le fabricant d'électroménager français FagorBrandt, pour 25 millions d'euros.

 

Cevital possède d'ores et déjà une usine à Sétif, qui emploie 1 800 personnes et produit des appareils électroménagers et des appareils audiovisuels pour Samsung Electronics. L'an dernier, le groupe a racheté le Français Oxxo, fabricant de portes et de fenêtres en PVC, pour 12 millions d'euros.

 

Cevital n'est toutefois pas le seul groupe à investir en Algérie. D'après la presse allemande, les sociétés allemandes Rheinmetall et Ferrostaal doivent signer prochainement avec l'Algérie un contrat chiffré à 2.7 milliards d'euros pour la production de 980 véhicules blindés. Selon les modalités de l'accord, les deux groupes devraient construire une usine à Ain Smara, près de Constantine, d'où sortiront des véhicules blindés de type Fuchs. L'usine sera dotée d'une capacité de production de 120 unités par an, toutes destinées à l'armée algérienne.

 

Cette annonce fait suite à la conclusion, au mois d'août dernier, d'un accord entre la société émirati Tawazun Holding et le Groupement pour la promotion de l’industrie mécanique (GPIM), contrôlé par le ministère de la Défense, concernant la construction d'une usine d'assemblage de véhicules blindés à Khenchela.  

De grands projets appuyés par des investisseurs étrangers

 

Ces dernières annonces font suite à plusieurs autres investissements étrangers importants effectués ces quelques dernières années.

 

En juin 2013, une joint venture turco-algérienne, Tosyali Holding, a inauguré un nouveau complexe sidérurgique chiffré à 750 millions de dollars, situé non loin d'Oran, tandis qu'au mois de septembre, le laboratoire pharmaceutique français Sanofi a débuté la construction d'un nouveau site de production à Sidi Abdellah, au sud-ouest d'Alger, un investissement de l'ordre de 70 millions d'euros. Cette usine, dont la capacité prévue est de 100 millions d'unités par an, sera la troisième du groupe en Algérie, et la plus importante en Afrique. L'Algérie est le troisième marché pharmaceutique sur le continent.

Entre-temps, en juin cette année, Renault a annoncé le prochain lancement des tests sur les modèles issus de sa nouvelle usine de Oued-Tlelat, au sud-ouest d'Oran, actuellement en chantier. La production commerciale devrait démarrer en novembre. La société française détient une participation de 49 % dans cette usine, dont la construction a débuté en septembre 2013, tandis que le reste des parts est détenu par le Fonds d'investissement national algérien et une entreprise publique, la Société nationale des véhicules industriels. D'après les estimations, la première phase de construction de l'usine a représenté un investissement de l'ordre de 50 millions d'euros.

 

Sa capacité de production sera initialement de 25 000 unités par an, mais devrait à terme être portée à 75 000 unités. La production sera d'abord destinée au seul marché domestique, en rapide expansion.

 

D'autres projets de production automobile pourraient également y être menés. Abdessalem Bouchouareb, ministre de l'Industrie et des Mines, a déclaré en juin qu'un autre projet dans le secteur faisait actuellement l'objet de discussions. M. Bouchouareb n'a pas révélé le nom de la société pressentie pour ce projet prospectif, mais a évoqué, au terme de discussions avec la ministre italienne du Développement industriel, Federica Guidi, d'éventuels investissements italiens en Algérie. Il a par ailleurs appelé la société italienne Fiat à investir dans la construction d'une usine de pièces détachées dans le pays, en précisant que l'Algérie pourrait offrir au groupe un éventail de mesures incitatives pour faciliter le processus.

 

Un effort concerté du secteur public et du secteur privé sera nécessaire pour faire progresser de façon significative le PIB de l'industrie et soutenir de façon durable la création d'emplois et la croissance des recettes d'exportation, mais les initiatives prises par le gouvernement algérien ces quelques dernières années ouvrent des perspectives encourageantes concernant le potentiel de la production industrielle.

 

http://www.oxfordbusinessgroup.com/economic_updates/alg%C3%A9rie-les-investissements-dans-lindustrie-pourraient-se-p%C3%A9renniser

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