Des mesures protectrices au profit des consommateurs - ’Algérie se dote d’une loi sur les additifs alimentaires

Publié le par ouada yazid

 


 

Venue combler le vide juridique jusqu’ici persistant, la loi sur les additifs alimentaires vient accompagner le développement formidable qu’a connu l’industrie agroalimentaire

Par Salah Benreguia

L’évolution technologique de l’industrie agroalimentaire conjuguée à la diversité des produits alimentaires qui sont désormais disponibles en Algérie, à la faveur de l’ouverture du marché, fait qu’il est devenu indispensable pour notre pays de se mettre aux standards internationaux de l’industrie agroalimentaire. Pour ce faire, un décret exécutif portant le numéro 12/214 a été promulgué en mai 2012 fixant les conditions et les modalités d’utilisation des additifs alimentaires dans les denrées et autres produits de consommation. Une loi qui vient en application de l’article 8 de la loi n° 09-03 du 25 février 2009 relative à la protection du consommateur, et qui a pour objet de réglementer l’utilisation des additifs dans les denrées alimentaires humaines, à l’exclusion des denrées alimentaires animales. Utilisé à l’origine pour conserver le plus longtemps possible un aliment rare ou difficile à acquérir, l’additif alimentaire présente aujourd’hui une grande valeur nutritive et contribue grandement à donner plus de goût au produit fini et devient indispensable. Les producteurs, eux, en ont de plus en plus recours mais sans pour autant se référer au dosage médicalement permis. Vu ce manque d’informations, les consommateurs sont parfaitement ignorants de ce qu’ils avalent et de la fiabilité des produits qu’ils achètent. Exemple : la filière boisson. Sur le plan qualité, certains produits introduits dans le processus de production ou de transformation, sont entachés d’anomalies. En effet, certains opérateurs économiques ne respectent pas les normes autorisées, en ajoutant notamment des additifs parfois dangereux pour la santé. Les services concernés (notamment ceux relevant du ministère du Commerce), ne cessent d’enregistrer des dizaines d’infractions. Il est utile d’indiquer, dans ce sillage, que ce segment d’activité a connu à lui seul un grand nombre d’infractions comparativement aux autres filières de l’agroalimentaire. Ces derniers mois, les contrôleurs relevant des différentes structures du ministère du Commerce ont relevé que près d’une trentaine de producteurs ont eu recours au surdosage des additifs de surcroît non mentionnés sur l’étiquetage. Exemple, l’infraction la plus répandue est l’utilisation de l’aspartame à la place du sucre. Le motif ? «L’aspartame est moins cher que le sucre, mais il donne au produit un goût très sucré et permet donc de tromper les consommateurs», selon les spécialistes.

Nombre d’infractions : la filière boisson en pôle position

 

Partant de ce constat, les pouvoirs publics, à travers le ministère du Commerce, ont décidé d’instaurer de nouvelles règles de manière à garantir une meilleure protection des consommateurs, mais aussi contraindre les producteurs laxistes à améliorer la qualité de leurs produits en se conformant aux normes. Ces règles contraignent les producteurs à indiquer tous les additifs alimentaires incorporés dans les denrées destinées à la consommation humaine dans l’étiquetage. Ce dernier (l’étiquetage) servira à informer le consommateur sur le nom, le numéro d’identification et le dosage de l’additif utilisé. Le producteur devra aussi prescrire l’expression «destiné à des fin alimentaires». Toutefois, les nouvelles règles ne semblent pas être du goût de tous les producteurs. Est rejeté notamment l’imposition de noter le dosage, laquelle précision implique une perte du secret de la formule, expliquent certains producteurs. D’autres estiment que cette loi n’a pas pris en compte les avancées en matière de normes à travers le monde. Expert à l’Association des producteurs algériens des boissons (Apab), M. Chaouche fait remarquer que le nouveau cadre réglementaire interdit l’utilisation de certains additifs pourtant permis par le Codex alimentarus et l’Union européenne. À le croire, l’Algérie n’a pas de raison à ne pas adopter les mêmes normes que l’UE, d’autant plus que celle là n’approuve un additif qu’après une dizaine d’années d’études en laboratoire. Pis encore, cette différenciation risque de se répercuter négativement sur les échanges commerciaux, particulièrement les importations.

GS1 pour sécuriser les consommateurs


Même si les industries alimentaires sont actuellement en pleine mutation, dans un contexte de compétition internationale de plus en plus difficile, celles-ci doivent, toutefois, répondre aux nouvelles contraintes de la réglementation mondiale en matière d’environnement et de sécurité alimentaire.


Même si le consommateur y est fortement sensibilisé, la sécurité alimentaire est l’affaire de plusieurs parties. De la production à la vente au consommateur final, en passant par les différentes chaînes d’approvisionnement et de distribution, tous les acteurs qui interviennent ont leur part de responsabilité. Afin de sécuriser les consommateurs, plusieurs pays occidentaux ont créé des organismes spécialisés, en outre, dans le contrôle, en élaborant des critères et des paramètres, parfois communs. Le plus célèbre est le GS1. Avec plus de 30 ans d’expérience, le GS1 opère notamment dans l’amélioration des chaînes d’approvisionnement dans le monde entier, et propose un portefeuille diversifié de produits, solutions et services.


Les spécialistes soutiennent que des graves dysfonctionnements et carences dans la protection du consommateur, notamment en ce qui concerne les procédures qui traitent de la protection de la vie et de la santé des personnes, de l’analyse des risques alimentaires, du principe de précaution, de protection des intérêts des consommateurs et des principes de transparence (consultation et information des citoyens) existent en Algérie.


Pour faire face à ces différents dysfonctionnements, qui portent souvent préjudice aux consommateurs, certains experts suggèrent ce système de traçabilité. Ce dernier «répond à ces préoccupations, puisqu’il est considéré comme un puissant outil de gestion et un intéressant support d’information, notamment à destination du consommateur final», selon les experts en la matière. Ces derniers ajoutent également que la traçabilité offre ses services partout dans le monde dans tous les secteurs industriels, y compris dans le secteur de l’agroalimentaire en proposant de plus en plus de produits, logiciels et services pour optimiser les processus de production/transformation et la rentabilité des investissements dans l’agroalimentaire.


S. B.

 


 
  • Publié le 07.07.2014 à 00:00, Par :latribune

Publié dans Industrie et PME

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