François Lacombe. Directeur général de Danone Djurdjura Algérie -«110 millions d’euros d’investissement sur trois ans»

Publié le par id.algérie

 

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le 30.03.16 | 10h00 Réagissez

 

Danone Djurdjura Algérie fait de bons profits depuis maintenant plusieurs années. Quelle était la situation des résultats en 2015 et quelles sont vos prévisions pour 2016 ?

L’année 2015 a été une année de transition pour Danone Djurdjura Algérie : le rachat des installations et le label Trèfle nous ont permis d’augmenter nos capacités de production afin de proposer toujours plus de produits de qualité aux familles algériennes. Cela nous a aussi amenés à nous réorganiser pour préparer le futur. Pour 2016, la baisse des prix du pétrole sur le marché mondial complique évidemment les conditions du marché des produits alimentaires et notamment des matières premières.

Cependant, nous avons mis en place les moyens nécessaires pour lutter contre cette situation afin de ne pas impacter les prix de nos produits et que nos consommateurs ne pâtissent pas eux aussi de cette augmentation. Pour ce faire, nous restons attentifs quant à leurs besoins afin de proposer des produits qu’ils affectionnent et des innovations qui correspondent à leurs attentes.

Nous sommes également persuadés qu’il est nécessaire de maintenir le niveau des investissements afin de continuer à développer la production nationale et ainsi réduire l’impact de la crise internationale, que ce soit au niveau de la collecte de lait ou de notre capacité industrielle. Selon les estimations du marché, la catégorie des yaourts devrait enregistrer une croissance entre 2 et 3% en 2016.

En 2015, nous avons investi 70 millions d’euros, ce montant est de 20 millions cette année et nous en prévoyons encore 20 millions l’année prochaine. Notre plan d’investissement de 110 millions d’euros sur trois ans est une preuve indéniable de l’importance que nous accordons au développement de la production nationale.

L’entreprise a annoncé vouloir doubler les capacités de production à l’horizon 2018. Avec un tel plan de développement, vous partez assurément sur un objectif fixé en matière d’évolution des indicateurs et des parts du marché. Pouvez-vous nous en parler?

Nous estimons notre part de marché actuelle à près de 30% dans la catégorie des yaourts. La récente augmentation de nos capacités de production nous permettra d’être un acteur encore plus fort sur le marché national, grâce à l’élargissement de notre gamme de produits. Nous sommes convaincus que cela nous sera nécessaire afin de répondre à notre mission qui est d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre de familles algériennes.

Nos produits doivent être le fruit d’une collaboration étroite avec les consommateurs. Ce que nous visons, c’est d’apporter une expérience de consommation supérieure et ainsi toujours offrir des produits source de santé et de bien-être. Par ailleurs, nous œuvrons à maintenir une proximité avec les consommateurs algériens afin d’adapter nos produits à leurs exigences et leurs attentes, en termes de goût et de qualité. Au-delà d’un gain de part de marché, nous pensons que cette proximité contribuera à l’ambition d’apporter de l’alimentation saine et en conséquence de construire la catégorie des produits laitiers frais.

A la mi-2015, Danone Djurdjura Algérie a racheté les installations et le label Trèfle. Quelles sont les ambitions d’une telle acquisition et qu’est-ce qui a changé à Trèfle depuis son rachat par Danone ?

L’acquisition d’une partie des actifs de la laiterie Trèfle nous permet d’augmenter nos capacités de production et d’élargir notre gamme de produits que nous pourrons offrir aux consommateurs. A ce titre, nous avons initié un programme important d’investissement de l’ordre de 20 millions d’euros afin de développer des produits encore plus innovants, tout en assurant les plus hauts standards de qualité.

Aujourd’hui, nous sommes très fiers de compter plus de 1200 femmes et hommes au sein de Danone Algérie. Quant aux employés de la laiterie Trèfle, ils sont une force pour toute l’entreprise.

Leur ancienneté sur le marché ainsi que le partage des connaissances et de l’expertise représentent une opportunité extraordinaire pour le développement de notre production. Cette connaissance locale mélangée à notre expertise internationale sera sans nul doute un gage de qualité de nos produits pour les années à venir.

C’est pourquoi nous avons initié un programme de transfert de savoir-faire au profit du personnel et de renforcement des équipements dans une optique de fédérer les compétences nécessaires à nos métiers et répondre aux standards de qualité de Danone. Le label Trèfle a développé, depuis plusieurs années, de nombreuses innovations très appréciées par les familles algériennes. Pour le moment, la marque Trèfle a pour vocation de perdurer dans le domaine des produits laitiers frais. Des produits de la marque Trèfle continueront donc d’être disponibles sur le marché.

Nourrissez-vous d’autres ambitions sur le marché algérien ; de nouvelles acquisitions ? De nouveaux projets en perspective ?

Les modes de consommation et les goûts des Algériens sont en constante évolution. Il est important d’être à l’écoute et d’impliquer les consommateurs dans le développement de nos activités, mais les innovations sont par définition imprévisibles. C’est pour cette raison que nous travaillons au quotidien sur de nouvelles pistes et certains nouveaux projets très intéressants et prometteurs.

Les opportunités de croissance de la consommation des produits laitiers en Algérie sont encore très importantes. Selon nos études, chaque Algérien consomme 2 yaourts par semaine contre 1 par jour en Europe, ce qui tend à prouver que le marché algérien n’a pas encore atteint son seuil maximum. Danone Djurdjura Algérie est persuadée qu’elle aura un rôle à jouer dans le développement de ce secteur et des nouvelles habitudes de consommation, dans les prochaines années. Il est donc primordial de continuer à investir dans des activités liées au développement de la filière lait.

Quelle appréciation faites-vous de l’industrie agroalimentaire algérienne ? Quels sont, selon vous, les défis et l’effet d’entraînement que pourrait avoir cette activité sur les autres secteurs de l’économie ?

L’industrie agroalimentaire algérienne est en pleine mutation. Il y a sans cesse de nouveaux acteurs qui arrivent sur le marché. C’est une dynamique très positive, car elle crée une concurrence saine qui aboutit souvent à de nouvelles innovations. Si nous prenons le cas des yaourts, le développement de la consommation par personne a triplé au cours des 10 dernières années.

Cela nous a amenés, d’une part, à relever de nouveaux défis d’accroissement de nos capacités de production, d’autre part, d’asseoir notre engagement dans le développement de la filière en Algérie.

En effet, ces évolutions ont un effet d’entraînement très positif sur le développement de l’agriculture laitière. Danone Djurdjura Algérie est une entreprise pionnière dans l’organisation d’un réseau de collecte de lait frais en Algérie. Depuis 2006, nous avons lancé un programme d’appui aux éleveurs afin d’accompagner les producteurs de lait cru dans leur travail au quotidien.

Ce programme permet aujourd’hui à Danone Djurdjura Algérie de récolter du lait cru au sein de 26 centres de collecte, appelés «Maisons des éleveurs» répartis sur 17 wilayas du pays. En 2015, ce dispositif a permis de récolter 130 000 litres de lait cru en moyenne par jour, soit environ 50 millions de litres de lait sur l’année écoulée.

Depuis 10 ans, Danone s’est engagée auprès de plus de 1500 éleveurs afin d’accroître la collecte de lait de manière quantitative mais également qualitative, à travers un programme d’accompagnement complet et quotidien (formation aux normes d’hygiène, suivi vétérinaire et promotion de l’alimentation fourragère locale). L’un des objectifs de cet accompagnement de proximité est de garantir l’amélioration du revenu agricole tout en favorisant des pratiques qui utilisent des ressources locales et protègent l’environnement.

Ce sont des exemples d’effet d’entraînement fort auxquels nous croyons. Cette politique vient également appuyer notre objectif à horizon 2020 qui est d’arriver à un taux d’intégration de lait cru de 80% pour la fabrication de nos produits laitiers frais et limiter ainsi l’importation de poudre de lait. Par ailleurs, au-delà du développement de la filière laitière, la distribution est également un défi majeur que nous avions à cœur de relever. Aujourd’hui, l’entreprise travaille conjointement avec des professionnels de la distribution et des partenaires de long terme afin de satisfaire l’ensemble des consommateurs.

A ce titre, en juillet dernier, nous avons inauguré un  centre de distribution pour la région Centre à l’ouest d’Alger, situé dans la commune de Tessala El Merdja. Sa surface globale est de 14 000 m² avec une chambre froide de 3500 m². Ses espaces permettent à l’entreprise de tripler sa capacité de stockage, atteignant 1100 palettes, soit 800 tonnes de produits finis. Les défis pour les prochaines années sont ambitieux, mais nous sommes persuadés qu’à travers les investissements réalisés et l’implication de nos collaborateurs, nous pourrons les relever.
 

Ali Titouche

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