Soutien à l’investissement et à la PME : La Banque d’Algérie à la rescousse

Publié le par id.algérie

Ph. : Nesrine

 

Les travaux se sont poursuivis, hier matin, à l’Assemblée populaire nationale, présidés par M. Mohamed Larbi Ould Khelifa, en séance plénière consacrés aux réponses du gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, suite aux préoccupations soulevées lors du débat général la veille par quelques soixante-dix députés au sujet des grandes tendances du rapport annuel sur l’évolution économique et monétaire du pays pour l’exercice de 2014.

« Des mesures conséquences ont été prises pour corriger la tendance et trouver des alternatives face au choc extérieur »

Dans ses réponses aux questions et interrogations des députés, le gouverneur de la Banque d’Algérie a pris toutes les précautions pédagogiques nécessaires pour convaincre les membres parlementaires sur les fondamentaux économiques et monétaires ayant imprimé l’évolution et l’état des lieux de l’économie nationale en 2014 rappelant à chaque fois le contexte internationale et les impacts dus à la crise financière,  à la récession des économies mondiales ainsi qu’aux volatilités ayant marqué les prix sur les marchés des hydrocarbures et celles des divers investissements dans le monde. Tous ces paramètres expliquent les difficultés qui se posent à l’économie du pays en termes de financement de son économie sur la base des revenus des recettes des prix du pétrole qui ont subi une baisse drastiques au milieu des années 2014.
Ce qui a conduit le pays à prendre des mesures conséquences pour corriger la tendance et trouver des alternatives tout en s’appuyant sur le capital de sécurité accumulé durant plus d’une décennie. Evoquant les mesures prises par le gouvernement dans le cadre des nouvelles orientations économiques et commerciales basées sur l’exploitation des potentialités nationales et la diversification des activités tout en intégrant l’ensemble des secteurs producteurs de plus values et de performances, le gouvernement de la Banque d’Algérie cité les mécanismes de mise en place des licences d’importation en fonction des garanties des importateurs, les nouvelles mesures de domiciliation devant renforcer le contrôle de toutes les activités de commerce extérieur directement au niveau des banques.
A rappeler que ces mesures ont été confinées dans la loi de finances complémentaire 2015, affinées auparavant lors de la réunion du Conseil des ministres en février 2015.
S’agissant de gestion au niveau des banques nationales qui font face à d’énormes pressions, que M. Mohamed Laksaci qualifie de stress-test leur capacité de résistance et leur façon de se comporter dans des situations inédites, de choc violent engendré par le choc aussi brutal de la baisse des prix de pétrole, où il était surtout question pour la centrale des risques, est opérationnel depuis septembre 2015, de faire face au problème du surliquidité existant qui a commencé à connaître une baisse durant la même période.  

Des liquidités dans les banques dès avril

Faisant suite à cela, la Banque d’Algérie a finalisé un nouveau dispositif légal devant  permettre le refinancement des banques alors que la BA n’avait pas agi de la sorte depuis plus de quatorze ans, car les banques étaient en surliquidité. Ce dispositif devra encourager l’octroi des crédits à l’investissement à travers le retour au refinancement des banques. Comme il a annoncé que la Banque d’Algérie va, dès avril prochain, procéder au refinancement des banques à travers l’injection de liquidités nécessaires  au financement de l’investissement et des PME en Algérie. M. Mohamed Laksaci a, dans ce sillage évoqué la possibilité pour la Banque d’Algérie de procéder au développement du marché des changes, ce qui permettra aux banques d’assurer la couverture des risques pour les opérateurs qui le désirent. Mohamed Laksaci a, dans ce sillage évoqué la possibilité pour la Banque d’Algérie de procéder au développement du marché des changes, ce qui permettra aux banques d’assurer la couverture des risques pour les opérateurs qui le désirent.  
Le gouverneur de la Banque d’Algérie a mis l’accent sur les mesures de précaution et de vigilance prises au niveau des établissements bancaires pour faire face aux impacts du choc externe, a affirmé que la BA va revenir à ces refinancements en commençant dès avril prochain, à injecter de la liquidité dans l’économie.
Il s’agira du réescompte, c’est-à-dire, des crédits accordés par la BA aux banques commerciales en contrepartie avec un taux qu’on appelle le taux  de réescompte qui a été fixé depuis 2001 à 4% qui n’a jamais été pratiqué. La révision de ce taux à la hausse ou à la baisse se fera en fonction de la politique des crédits de la BA. Parallèlement à cette mesure, l’audit financier qui a été finalisé  en novembre 2015 a permis à la BA d’engager des exercices de simulation des risques au niveau des banques (le stress-test). La simulation qui prendra avant la fin de ce mars permettra à la BA d’évaluer avec précision le degré de résistance des banques face aux chocs externes sur fond de recul des liquidités bancaires. Et en conséquence disposant de plus de capacité pour gérer les risques.
Pour leur part, les crédits à la consommation, qui sont lancés sous la supervision de cette centrale, ils doivent renforcer l’inclusion financière, vue l’importance des dépôts  des ménages.
Houria Akram
 

Un nouveau règlement pour encourager
la création de bureaux de change

 

La Banque d’Algérie a élaboré un nouveau règlement modifiant les conditions d’agrément des bureaux de change, une mesure visant à absorber les devises circulant dans le marché informel sur fond d’une baisse drastique des revenus du pays en devises, a indiqué hier le gouverneur, Mohamed Laksaci.          
Le Conseil de la Monnaie et du Crédit a finalisé le 6 mars dernier un nouveau règlement portant élargissement du change manuel de manière à expliciter les conditions d’éligibilité des personnes physique ou morale pouvant ouvrir des bureaux de change en Algérie, a annoncé le Gouverneur de la Banque d’Algérie, lors de ses réponses aux préoccupations soulevées la veille sur ce sujet après la présentation du rapport sur les  évolutions économiques et monétaires du pays pour l’année 2014. En effet, l’instruction n° 03-97 du 16 avril 1997, régissant l’activité des bureaux de change, définit le change manuel, comme toute opération d’achat et/ou de vente de billets de banque et/ou de chèques de voyage libellés en monnaies étrangères, librement convertibles contre de la monnaie nationale.  Ces bureaux  ne sont pas autorisés, pour le moment, à vendre de la devise ou à acheter des dinars.    M. Mohamed Laksaci n’a cependant pas fourni plus de détails sur les moyens avec lesquels sera élargi le change manuel. Il a rappelé que, sur 46 bureaux de change agréés depuis 1997, seulement six sont opérationnels aujourd’hui, expliquant le peu d’engouement pour cette activité par la faible offre des devises et par la faible rémunération offerte à ces bureaux. Pour faire face à cette défaillance, une nouvelle instruction de la Banque d’Algérie devra permettre d’améliorer la marge bénéficiaire de ces bureaux, fixée à  1% depuis 1997 a annoncé le Gouverneur de la banque d’Algérie, précisant qu’une instruction sera donnée juste après la publication du nouveau règlement au Journal Officiel, pour augmenter la marge bénéficiaire des bureaux de change afin de rendre plus attractive leur activité. Mais les deux questions qui restent posées, selon le Gouverneur concernent le niveau de l’offre de la devise, du moment que le niveau de la demande est connu, et l’attractivité des bureaux de change pour attirer les fonds circulant dans le marché informel.  L’expansion du marché informel de la devise et l’impuissance des autorités à le canaliser étaient parmi les principales préoccupations des députés lors des débats.

Vers l’augmentation de l’allocation voyage ?

La Banque d’Algérie se penche sur les modalités  d’augmentation des plafonds fixés pour l’allocation voyage pour le tourisme, études ou soins à l’étranger, de manière à arranger les ménages mais sans permettre des répercussions négatives sur la balance des paiements, a indiqué M. Mohamed Laksaci.    Il a affirmé que les plafonds fixés pour le droit de change pour le voyage à l’étranger sont faibles actuellement, il y aura des mesures qui vont augmenter ces plafonds pour arranger les ménages sans pour autant permettre que ces hausses portent préjudice à la Balance des paiements du pays. Le gouverneur n’a cependant pas avancé plus de détail sur les seuils des augmentations envisagées ni sur les délais d’entrée en vigueur de cette mesure. L’instruction 08-97 de 1997 relative au droit de change pour voyage  à l’étranger fixe le montant annuel du droit de change pour dépenses liées  à des voyages à l'étranger à la contre-valeur en devises de 15.000 DA, un seuil qui n’a pas changé depuis près de vingt-ans.  Ce montant est de moitié pour les enfants de moins de 15 ans portés sur le passeport de l'un des deux parents ou disposant de leur propre passeport, une préoccupation soulevée avec insistance lors du débat.     Houria A.
 


A propos de la valeur du dinar

Afin d’encourager les dépôts à termes, notamment avec l’importance  du volume de la monnaie fiduciaires (30% de la masse monétaire), les banques doivent recourir à une meilleure rémunération des dépôts à termes pour de développer l’investissement.         
Le taux de change effectif réel du Dinar n’était pas aléatoire mais basé sur des fondamentaux que sont le prix du baril de pétrole, le niveau  des dépenses publiques et le différentiel d’inflation entre l’Algérie et ses principaux partenaires commerciaux.           
Le taux de change nominal, c’est-à-dire le cours fixé sur la base  du régime flottement-dirigé, est déterminé sur la base de l’offre et la  demande et il n’est pas loin du taux de change effectif réel.
La dévaluation du dinar qui a connu une baisse face au dollar et à l’Euro avait pour but d’augmenter de façon fictive le niveau des recettes de l’Etat, recouvrées en devises  et libellées en Dinars.  
Au sujet de la supervision bancaire, la BA a effectué 32 missions de contrôle sur place en 2014 et 66 opérations de contrôle sur pièces en plus de l’élaboration de 160 PV pour des infractions à la législation  de change qui ont été transmis aux tribunaux.          
Les institutions internationales ne nous reprochent pas le manque  de contrôle mais l’excès de contrôle. Au sujet de l’indisponibilité des petites pièces de monnaie, la Banque d’Algérie travaille pour augmenter la capacité de production de ces pièces pour les rendre disponibles et normalement utilisées au niveau des agences bancaires et des centres d’Algérie Poste.      
Houria A.  

Publié dans Finances & Assurances

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