Le président de l’association nationale des exportateurs algériens à la radio chaîne III : « Débloquer les contraintes »

Publié le par id.algérie

D.R

«L’Algérie doit avoir une vision stratégique pour organiser le marché de l’exportation, en mobilisant tous les acteurs de ce secteur pour utiliser toutes nos capacités afin de voir à la hausse les taux d’exportation en 2016.»

C’est ce qu’a déclaré le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL), M. Ali Bay Nasri. Intervenant à la Chaîne III de la radio nationale, le président de l’association a énuméré plusieurs problèmes auxquels sont confrontés les exportateurs algériens, qui concernent notamment les secteurs du transport, du commerce et des finances. Il a affirmé dans ce contexte qu’une cellule de crise a été installée récemment au ministère de Commerce avec  pour mission de débloquer les contraintes.
 « Il faut revoir tout ce qui est relatif au transport, à la réglementation des changes, avoir des capacités de fret », a-t-il fait savoir, précisant toutefois qu’il  existe des possibilités d’exportation de produits agricoles. L’intervenant estime que l’absence d’une véritable stratégie visant à développer substantiellement les exportations hors hydrocarbures dissuade ainsi les entreprises à aller à la conquête des marchés extérieurs qui peuvent pourtant constituer des solutions alternatives à la chute  des prix du pétrole et à l’amenuisement des réserves.
Il a souligné qu’en 2015, l’Algérie a réalisé 2 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures, dont 1,7 milliard grâce aux dérivés des hydrocarbures de manière directe ou indirecte. Il reste ainsi 300 millions de dollars, dira-t-il, et « cela ne reflète pas les  potentialités de l’Algérie ».
 M. Nasri regrette ainsi que les promesses relatives à l’investissement des marchés étrangers pour faire une place aux produits algériens n’ont pas été tenues. C’est ainsi que les entreprises de production adoptent une stratégie de développement et de déploiement exclusivement basée sur le marché national. Le président de l’Anexal relève que les entreprises nationales n’ont pas pu appréhender les choses d’une autre manière. Mais il se montre optimiste, considérant que l’Algérie possède des atouts importants et des opportunités pour placer des produits hors hydrocarbures à l’étranger à la condition  que la réglementation des changes au niveau du Conseil de la monnaie et du crédit adopte des standards internationaux. Selon l’intervenant, la réglementation actuelle n’encourage pas l’acte d’exporter et l’interdiction d’installer des bureaux de liaison et des agences bancaires  à l’étranger constitue un frein à l’exportation.
Pour qu’il y ait une économie de substitution au pétrole, le président de l’Anexal invite les gouvernants à établir un diagnostic sans complaisance sur la situation économique du pays et à œuvrer ainsi à développer la production nationale en l’orientant automatiquement vers l’exportation.
Par ailleurs, M. Nasri, s’est montré optimiste quant aux exportations de produits agricoles vers les marchés européens, soulignant que ces produits sont « très demandés » et que des petites quantités ont été placées. « Il y a une forte demande sur les produits agricoles de notre pays, il faut donc la capter  », insiste-t-il, citant l’exemple de la fédération de Russie qui boycotte les importations agricoles des pays européens et de la Turquie. « Nous avons ici une opportunité de placement de produits agricoles avec un  excédent comme la tomate et la pomme de terre.»
 Kafia Ait Allouache

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/90239
 

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