Industrie de l’aluminium : L’avenir, c’est la production nationale

Publié le par id.algérie

D.R

Le rôle des entreprises industrielles dans la stratégie nationale de développement économique de l’Algérie n’est plus à démontrer, tant sur le plan de leur aptitude à créer des emplois que de leur flexibilité face aux changements.

Conscient du rôle pivot de cette catégorie d’entreprises dans la lutte contre le chômage et la création de richesse, des politiques et stratégies cohérentes sont établies pour asseoir la politique générale de l’entreprenariat. Un cadre législatif et financier est mis en place pour favoriser l’émergence des entreprises industrielles. Créée en 1999, Acher Min Ramadane (AMR), dont le siège se trouve à El Eulma (Sétif), est une entreprise de refonte d’extrusion, de laquage et anodisation des profilés d’aluminium, devenue leader  dans son domaine, en un laps de temps très court. Avec une capacité de production de 30.000 tonnes, l’entreprise s’impose comme substitution aux importations et a une capacité à créer un tissu de sous-traitance, notamment pour l’industrie automobile, maritime et ferroviaire, en permettant la naissance de TPE et de PME et du coup réaliser la diversification de l’économie nationale.
La société compte  tirer parti des nombreux atouts structurels et humains du pays et ambitionne d’aller vers l’exportation pour peu que la facilitation des opérations d’investissement, la modernisation du cadre réglementaire et des procédures ainsi que des normes, soient mis en œuvre, en tenant compte aussi des contraintes auxquelles font face aujourd’hui les entreprises algériennes. M. Lakhdar Lahrache, DG d’AMR, qui a le sens des affaires, reste obstinément optimiste et affirme qu’avec une concurrence loyale, son entreprise pourrait créer plus d’emplois (1200 au total sur la période 2016/2018) et de richesse et même élargir les perspectives de son activité par un développement beaucoup plus axé sur l’innovation. Historiquement, l’entreprise qui s’est lancée en 2007, dans la fabrication des éviers de cuisine avec 17 employés et vite passer à 466 employés grâce à la diversification de l’activité avec l’intégration d’une nouvelle spécialité à savoir le profilé d’aluminium, qui l’a boosté en tête de liste des fabricants locaux et major africain avec à terme une capacité d’exportation à l’international.

Capacité d’exportation

Le coût total de l’investissement d’AMR s’élève à 280 milliards de dinars, sur une superficie de 15 hectares. Toutefois, des contraintes font que plusieurs projets de la société, inscrit au titre de son programme de développement accusent un retard dans la réalisation, il s’agit entre autres de la transformation du cuivre, l’anodisation, la production de l’énergie électrique et l’ouverture d’une nouvelle ligne de laquage d’aluminium. Selon le directeur général d’AMR, les raisons de ce retard se résument à l’anarchie qui frappe le marché de l’importation et la concurrence déloyale. «Cela s’est répercuté tout de suite sur la bonne marche de l’entreprise avec un coût social de 200 emplois perdus. Il s’agit pour nous, d’abord de préserver l’équilibre et d’éviter la banqueroute».  Pour y remédier, le DG d’AMR n’y va pas avec le dos de la cuillère, le bon sens recommande, explique-t-il, une réduction de la TVA de 17% à 7%, dans la mesure où l’aluminium fait partie des matériaux de construction et à ce titre doit être soumis au même titre que les autres matériaux de construction à 7% de TVA. «Nous revendiquons aussi une augmentation du tarif douanier de 5% à 30% pour les importations et le premier bénéficiaire sera l’Etat algérien, dans la mesure où cette augmentation sera un gain sur le prix d’achat en devises de l’aluminium», préconise-t-il.

Etablir des normes algériennes

L’autre solution, que propose l’industriel est l’urgence d’établir des normes algériennes qui pourraient à elles seules instaurer la transparence et la concurrence loyale sur le marché, dans ce sens il précise que le produit fabriqué en Algérie par AMR, présente des qualités que beaucoup de produits importés non pas, notamment la norme en épaisseur qui est chez AMR de 1,3 alors que le produit importé est à une épaisseur de 0,8, soit une différence de 1,5 kg, quand on sait qu’une barre de 6 mètres fait 5,5 quand elle d’une épaisseur de 1,3 et de 4 kg, seulement quand elle est d’une épaisseur de 0,8. Le DG d’AMR précise la protection du consommateur algérien est une priorité. Aussi, au regard de l’importance de la question des normes, en particulier, des contacts ont été mis en œuvre depuis plus de 4 ans avec l’IANOR, où deux industriels sont représentés aux côtés de nombreux importateurs, pour justement mettre sur pied des normes algériennes, pourtant un déséquilibre de représentativité a fait que le projet traîne jusqu’au jour d’aujourd’hui, explique M. Farouk Chiaiou, cadre de l’entreprise, ajoutant qu’une proposition portant intégration de tous les membres de l’Association des industriels de l’aluminium au sein du comité particulier de l’IANOR, a été avancée par l’AMR. Le même responsable souligne que pas moins de 400 modèles de l’AMR et deux brevets d’invention ont fait l’objet de dépôt près de l’INAPI depuis plus de huit ans pour bénéficier des droits de propriété industrielle mais jusqu’à  présent, l’AMR n’a pas été publié ne serait ce qu’une seule fois dans journal de l’INAPI. Aussi, la situation préoccupante que connait les professionnels de la filière profilé d’aluminium, actuellement, a poussé AMR a organisé une rencontre nationale à Alger le 20 février, qui sera l’occasion d’examiner les contraintes et les perspectives de développement de cette branche de l’industrie.
Farid B.

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/90650

Publié dans Industrie et PME

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