Appel à la création de zones franches en Algérie pour redynamiser l'économie

Publié le par ouada yazid

 

ALGER- Une spécialiste en droit des sociétés a recommandé mercredi à Alger la création de zones franches industrielles comme un des moyens pour redynamiser l'économie algérienne dans le contexte actuel caractérisé par une chute des prix de pétrole.

Malgré l'échec de cette expérience à deux reprises durant les années 1990 et 2000, Me Hind Benmiloud qui intervenait lors d'un séminaire sur les zones franches, organisé par le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE), voit en la création de ce type zones une alternative pour redynamiser l'industrie, augmenter et diversifier les exportations du pays et moderniser son économie.

Une zone franche est un espace géographique présentant des avantages fiscaux afin d'attirer l'investissement et de développer l'activité économique dans l'objectif d'exporter. Autrement dit, les entreprises qui s'y installent bénéficient d'un environnement fiscal et réglementaire plus favorable que celui en vigueur dans le reste du pays.

Les zones franches peuvent être de nature commerciale, industrielle de services comme elles peuvent être de grands ports ou aéroports.

La conférencière, qui est également vice présidente de Care, estime nécessaire la création de ces zones de type industriel en attirant des investisseurs étrangers et nationaux vers des secteurs d'activités où l'Algérie offre des opportunités.

Il s'agit, selon elle, de construire des plateformes et des pôles industriels dans l'agroalimentaire, de la chimie, les matériaux de construction et l'industrie pharmaceutique.

"A l'heure actuelle, les zones franches représentent une alternative pour le développement local, national et régional", insiste Me Benmiloud.

Pour elle, les zones franches présentent plusieurs avantages pour l'économie nationale. Outre la stimulation du tissu économique local et régional, ces zones constituent un moyen pour attirer des investisseurs étrangers.

Ces zones permettent aussi, a-t-elle ajouté, un transfert de technologie et la création d'un nombre important de postes d'emplois, en raison des charges fiscales allégées.

Pour mettre en place ce système, l'experte préconise de reproduire l'expérience des autres pays qui ont réussi à appliquer ce principe à l'instar de Dubaï (Emirats Arabes Unis), Singapour, Malaisie et Tanger (Maroc).

"Il suffit juste d'adapter les textes aux spécificités du contexte algérien", recommande Me Benmiloud.

L'Algérie a été parmi les premiers pays à adopter le système des zones franches industrielles. Ainsi, une réglementation des changes spécifiques à ces zones a été arrêtée à travers un règlement de la Banque d'Algérie datant de 1994.

En 1997, la zone franche de Bellara (Jijel) a été sélectionnée à travers un décret exécutif, mais ce projet n'a jamais vu le jour.

Des intervenants à ce séminaire ont expliqué cet échec par la situation sécuritaire difficile durant les années 1990, la lenteur des textes juridiques pour la création de cette zone et l'orientation de l'économie algérienne vers l'ouverture commerciale.

L'année 2003 a connu une autre tentative pour relancer ces espaces économiques en Algérie après la promulgation de l'ordonnance 03-02 qui fixait les règles générales régissant ces zones et le site de Bellara a été choisi une autre fois pour abriter ce projet.

Mais, en 2006 la loi 03-11 est venue pour abroger l'ordonnance de 2003 sans que les pouvoirs publics donnent des motifs convaincants sur les raisons de cette abrogation, selon des participants au séminaire qui intervenaient lors des débats.

http://www.aps.dz/economie/35613-appel-%C3%A0-la-cr%C3%A9ation-de-zones-franches-en-alg%C3%A9rie-pour-redynamiser-l-%C3%A9conomie

Publié dans CARE

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