Textiles et cuirs : Deux milliards de dollars pour relancer la filière - L’Algérie possède une capacité de production de 250 millions de mètres de tissu par an non exploitée

Publié le par ouada yazid

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La relance du textile en Algérie est chose possible. «Cela entre dans la compétence des pouvoirs publics de relancer l’industrie, et une économie algérienne productive de manière générale», a déclaré le secrétaire général de la Fédération textiles et cuirs (FTC) de l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA), Amar Takjout, lors de son passage sur les ondes de la radio algérienne. Selon lui, le secteur du «textile, de l’habillement et du cuir» a sa place dans l’industrie et peut «contribuer à la croissance. Il a confirmé ses dires en citant les 2 milliards de dollars qui ont été consentis en 2011 par l’État pour relancer cette filière. «Oui, l’État affiche une grande volonté pour la relance de ce secteur», affirme-t-il.
Il a, entre autres, fait savoir que la part de la filière rapportée au Produit intérieur brut (PIB) reste très faible, avec 2% seulement, en soulignant qu’elle représente le tiers de la participation de l’industrie au PIB qui est de 5%.
Le responsable a toutefois expliqué que le textile en Algérie, avant qu’il ne soit destructuré, à partir du début des années 1990, a généré un chômage forcé de quelque 250.000 travailleurs, alors qu’il comptait près de 5.000 PME dont plus de la moitié appartenait au privé.
Pour M. Takjout, les secteurs du textile, de l’habillement et des cuirs peuvent contribuer à la croissance de l’économie. «En dépit de la faiblesse de leurs structures, indique-t-il, ceux-ci contribuent pour près du tiers du PIB du secteur industriel dans sa globalité.»
Commentant l’environnement concurrentiel, c’est-à-dire la préférence accordée aux produits importés, le responsable considère que cela n’est en rien un facteur bloquant pour la filière. «Le marché est là, seulement, il faut accorder la priorité à l’investissement productif plutôt qu’à l’importation.»
Pour illustrer ses propos, M. Takjout fait état de l’importation récente de tapis turcs destinés à une mosquée. Il estime qu’on aurait pu accorder la primeur à l’entreprise algérienne qui fabrique ce type de produits, «à moins, ironise-t-il, que nos prières auraient plus de chance d’être mieux entendues à partir d’un tapis turc».
Aussi, «après avoir été malmené, le textile possède les potentialités lui permettant de reprendre sa place dans le marché algérien», assure M. Takjout, à la condition, toutefois, que ce secteur soit sérieusement accompagné : «Il faut réinventer l’économie dans notre pays», déclare-t-il, considérant que l’État «n’arrive encore ni à contrôler ni à réguler». Pour lui, l’administration ne suit pas «parce que les lois ne sont pas respectées».
En dépit de ces critiques, l’intervenant n’en estime pas moins que la filière des textiles commence à connaître quelques progrès. Il en a pour preuve les quelque 16.000 salariés qui travaillent actuellement dans 23 wilayas.
À une question relative à la possibilité de remettre en activité les anciennes usines textiles à l’arrêt, M. Takjout répond qu’il «appartient à l’État de décider», relevant au passage que le pays possède une capacité de production de 250 millions de mètres de tissu «qui n’est pas exploitée».
Évoquant l’industrie des cuirs et peaux, qui a eu à subir un sort identique aux textiles, il signale qu’elle est sujette à une «désorganisation» qui a permis des exportations «frauduleuses» de peaux vers l’Italie, pour un montant de 6 millions de dollars en 2006.
Pour ce qui est de la main-d’œuvre, M. Takjout explique que «le secteur du textile tire sa force d’une grande production de matériaux basiques bruts et d’une main-d’œuvre disponible peu chère», tout en rappelant que «la concurrence chinoise n’a pas anéanti les industries textiles tunisienne et turque qui, selon lui, se portent bien et dont le savoir-faire accumulé a pu être sauvegardé».
En Algérie, les choses peuvent être beaucoup plus satisfaisantes, en reconnaissant que la filière a perdu «énormément de terrain» dans le marché de la consommation grand public. Mais il a mis l’accent sur le fait qu’il est possible de reprendre les parts de marché perdues, «pourvu que la formation et la création reprennent leurs droits».
Kafia Aït Allouache

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