Logistique: une joint-venture algéro-française ambitionne de faire baisser les coûts à terme

Publié le par ouada yazid

Logistique: une joint-venture algéro-française ambitionne de faire baisser les coûts à terme

ALGER - La joint-venture algéro-française "SNTR-Logistics" ambitionne, à travers un projet de réalisation et d'exploitation d'un grand réseau de distribution en Algérie, de faire baisser sensiblement les coûts logistiques dans le pays durant les dix prochaines années, a indiqué mercredi à Alger le responsable du partenaire français.

"Le coût logistique en Algérie est parmi le plus élevé dans le monde: il représente en moyenne 30 à 35% du coût total d'un produit alors qu'il tourne autour de 15% dans le monde et de 5% en Europe", a souligné Karim Abdellaoui, P-dg de la société française "APRC Group", partenaire de la SNTR (Société nationale du transport routier) dans cette joint-venture créée en Algérie en 2014.

Devenu opérationnel durant l'année en cours, le projet vise à réaliser et exploiter 10 millions de m2 d'usines logistiques, regroupant toutes les installations permettant le stockage et le transport d'un produit, à travers le territoire national en dix ans à une cadence de livraison d'un million de m2/an.

Trois plateformes pilotes viennent d'être lancées pour servir de "centre de formation" et devraient être suivies, dès le premier semestre 2016, par le lancement de la première tranche d'un million de m2.

Avec un investissement de 700 milliards de DA (5,6 mds d'euros) sur dix ans, le projet doit permettre la création de 3.000 emplois directs/an soit 30.000 emplois à terme en plus de 30.000 emplois indirects (construction, manutention, transport.....), a révélé M. Abdellaoui.

Grâce à ce projet, classé par le CPE (Conseil des Participations de l'Etat) comme "projet d'intérêt national", les coûts logistiques "seront abaissés, les prix des produits vont diminuer et le pouvoir d'achat du consommateur algérien, de son côté, augmentera", a promis cet expert franco-algérien lors d'une conférence animée à l'INESG (Institut nationale d'Etudes de Stratégie Globale) sur le rôle de l'industrie logistique dans l'attrait des IDE en Algérie.

Il a noté à ce titre que les IDE choisissent leurs destinations en cherchant celles à coûts bas en termes de main d'oeuvre, de pression fiscale, de prix de l'énergie mais aussi de logistique.

"Pourquoi, selon vous, un investisseur français va délocaliser son usine en Chine au lieu de venir en Algérie?", s'est-il interrogé avant de poursuivre:"l'Algérie est pourtant un pays jouissant d'une stabilité sécuritaire, de situation financière encore confortable, où le fisc est très avantageux et où les coûts de la main d'£uvre et de l'énergie sont très compétitifs!".

Ce qui pousse ces IDE français à laisser un pays très proche géographiquement et possédant des avantages comparatifs comme l'Algérie pour aller en Chine est en fait "le prix élevé de la logistique" qui augmente les coûts des produits et les rendent moins compétitifs, a-t-il répondu.

Pour M. Abdellaoui, l'industrie logistique représente "le sang de l'économie" et son développement rendra sans doute l'Algérie "très compétitive à l'échelle internationale".

SNTR-Logistics, dotée d'un capital de 300 millions de DA réparti à raison de 51% pour la SNTR et 49% pour APRC, vise justement à doter l'Algérie d'une industrie logistique répondant aux standards internationaux et permettra ainsi au pays de "se doter d'un réseau de distribution efficace et maîtrisé, de créer des stocks publics, diminuer la spéculation et augmenter les recettes fiscales grâce à la traçabilité financières des marchandises", selon lui.

Se disant "pas du tout gêné" par la règle des 51-49%, l'entrepreneur français a toutefois souhaité que l'Algérie arrive à exclure les joint-ventures Public-Privé du champs d'application du code des marchés publics dont les procédures restent "très lourdes".

Au niveau mondial, l'industrie logistique représente un chiffre d'affaires de 5.400 milliards d'euros soit 14% du PIB mondial. Elle emploie 68 millions de salariés à travers le monde en plus de 7 millions d'emplois indirects.

En Europe, cette industrie génère 754 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 8% du PIB, 21 millions d'emplois directs et 600.000 d'emplois indirects, a tenu a rappeler le conférencier.

 

 

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