L’expert Karim Abdellaoui lors d’une conférence de presse sur les IDE à l’INESG : L’Algérie a les moyens d’opérer sa mutation économique

Publié le par ouada yazid

Ph : Y. Cheurfi

L’Institut national d'études de stratégie globale (INESG) a abrité, hier, une conférence sur la problématique des investissements directs étrangers dans notre pays.  Une thématique d’actualité au regard de la nature des défis imposés par la conjoncture.

La crise du pétrole et ses conséquences sur les ressources du pays appelées à s’amenuiser de 35 milliards de dollars fin 2015, selon le Premier ministre, impose que l’effort soit axé, durant cette période difficile de l’économie algérienne, sur l’encouragement des IDE productifs et créateurs de richesses. Une option  retenue par l’Etat algérien dans le sillage de stratégie économique qui a pris en considération l’aspect lié à l’amélioration du climat des affaires dans toute sa dimension, notamment juridique dans un souci d’assouplissement des procédures et d’allègement des démarches administratives. La révision du code des investissements s’inscrit, en fait, dans cette dynamique qui tend à réunir les conditions nécessaires pour capter de manière substantielle les IDE. Ajustement de la politique des IDE, maintien et renforcement de la règle 49/51, réaménagement du système d’incitation, et révision du dispositif institutionnel, tels sont les principaux axes qui ont véhiculé la démarche du gouvernement. Quelle stratégie adopter justement pour drainer d’éventuels projets et intéresser les opérateurs étrangers au marché algérien ? C’est la problématique soulevée, hier, par l’expert Karim Abdellaoui,  fondateur d’APRC Group lors de son intervention. Ce dernier a d’emblée mis en avant l’importance des capacités  de croissance   de l’Algérie ainsi que les atouts qui lui permettent de drainer les investissements étrangers. Aussi, « l’Algérie a les moyens d’opérer sa mutation économique sans créer de choc social », a-t-il affirmé. Une démarche qui exige, a-t-il dit, de « créer le contexte favorable au développement de l’investissement », notamment en matière de transfert de technologie dont le pays a besoin. L’expert qui soulignera la nécessité, pour l’Algérie de diminuer son déficit budgétaire estime que la force du pays réside dans sa « stabilité sociale et sécuritaire ». Des atouts qu’il faudra exploiter pour attirer les investisseurs étrangers. Il s’agira également de les mettre en confiance, a-t-il ajouté. Les IDE exigent aussi, une régulation du marché, la création de capacité de stockage, une traçabilité fiscale du produit. Karim Abdellaoui dont l’exposé a mis en évidence les potentialités de l’Algérie et les efforts consentis en matière d’encouragement de l’investissement a  fait savoir que 70 à 90% du PIB sont générés, soit par la commande publique soit par l’entreprise publique. Par conséquent, a-t-il indiqué, il y a lieu de placer cette dernière comme étant la locomotive de la mutation économique. En matière d’atouts, l’Algérie dispose de matières premières diverses, des richesses agricoles, d’importants gisements pour les énergies renouvelables, un coût de l’énergie, des moins chers au monde, une main-d’œuvre à moindre coût, une attractivité fiscale à conditions très avantageuses, des normes de compétitivité, la proximité de l’Europe, etc. Néanmoins,  « on a un problème de logistique extrêmement grave », d’autant plus qu’on ne peut pas être compétitif sans industrie logistique », fera remarquer l’expert. Les contraintes à l’IDE se résument, selon lui, dans « l’absence d’une stratégie de marketing Algérie », pour évoque le cas de la règle 49/51 qui reste très mal expliquée par les nationaux bien qu’elle soit légitime, a-t-il souligné que l’Algérie va imposer une telle mesure qui lui permette un partage équitable des bénéfices tirés de l’économie ». D’autres contraintes citées par l’intervenant sont liées à des « difficultés réglementaires au caractère contraignant du code des marchés en ce qui concerne les joint-ventures publiques/privées. Aussi, il faudra bannir certains réflexes au niveau des managers d’entreprises publiques. L’apport de la diaspora et autres experts et scientifiques algériens est recommandée dans cette phase. Dans le même ordre d’idées, il faudra créer un réceptacle pour cette diaspora ainsi que les conditions pour son accueil. Dans sa lancée, l’expert considère que « l’absence d’un ministère du Plan rattaché au Premier ministère est une erreur ». Un tel ministère aurait été pourtant indispensable pour « planifier les grandes orientations de développement de l’Algérie », a-t-il souligné.
 

D. Akila

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