Nabil Djemaâ , expert judiciaire en opérations financières et bancaires à El Moudjahid : « Nous devons réorienter notre économie vers la production »

Publié le par ouada yazid

D.R

« La situation financière de l’Algérie se porte bien. C’est une situation géostratégique », c’est ce que nous a affirmés, hier, Nabil Djemaâ, expert judiciaire en opérations financières et bancaires agréé par le ministère de la Justice sollicité pour s’exprimer sur l’impact de la chute des prix du pétrole.

Contacté par téléphone, l’expert a indiqué que « la demande globale  de l’énergie pétrolière en 2015 est de 7 millions de baril/jour alors que  l’OPEP produit entre 19 et 20 millions de baril/jour, ce qui fait que l’offre s’avère  très  élevée par rapport à la demande d’où la chute des prix du pétrole. » Nabil Djemaâ s’est montré confiant quant à la situation financière de l’Algérie qui peut, selon lui, résister à ce choc.
L’expert estime, en fait, qu’en  dépit de cette chute libre des prix du pétrole nous ne sommes pas en danger, mais ce qui est nécessaire, a-t-il précisé, « est de réorienter notre économie durant ces trois prochaine années vers la production. » Toute en insistant « sur la nécessité  d’éviter et de réduire  les dépenses publiques. » A propos de la dévaluation du dinar, il  précisera que l’Algérie  a de l’argent, ce qui fait qu’on ne peut pas penser à sa dévaluation. Notre interlocuteur n’a pas manqué de souligner que si on revient a l’histoire de la monnaie algérienne, à une certaine époque, il était interdit de penser à l’option de la dévaluation du dinar,  ce dernier, étant  le portrait de l’économie algérienne et en même temps un élément de la stabilité de pays. « Donc c’est très difficile politiquement et économiquement  de dévaluer notre monnaie ».  Nabil Djemaâ a rappelé que l’Algérie à procédé à la dévaluation du dinar neuf fois durant l’année 1993. Actuellement, a-t-il ajouté «  nous avons environ 180 milliards de dollars de réserves de changes, dans ce sens, économiquement et mathématiquement on n’a pas le droit de penser à la dévaluation du dinar. » Il a indiqué  à cet effet  que par rapport à la chute du dinar devant le dollar, la solution idoine serait de mettre en place un taux de changes flottant. Pour appuyer ses dires il a cité à titre d’exemple le cas des  Etats-Unis qui malgré la situation de faillite  n’ont  pas dévalué le dollar. L’expert trouve regrettable que certains économistes pensent à cette éventualité alors que nous ne sommes pas en faillite surtout qu’il y a 300 milliards de dollars des capitaux privés et publics algériens à l’étranger. S’agissant de son impact sur l’activité économique de l’Algérie il avertit que « si on dévalue le dinar de 30% en conséquence on va dévaluer le capital de nos entreprises de 30% » ce qui est selon lui inacceptable et irraisonnable sur le plan économique. L’expert judiciaire en opérations financières et bancaires  n’a pas manqué de mettre l’accent sur le marché informel des finances, en relevant que nous avons plus de 50 milliards au niveau de cette sphère. Afin de récupérer cette grande quantité d’argent l’expert plaide la nécessité d’aller vers la finance islamique.
Makhlouf Ait Ziane

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