Ali Haddad. Président du FCE : «Tous les secteurs devront être ouverts au privé national»

Publié le par ouada yazid

 
	Conférence de presse du FCE, hier, à Alger

 le 16.04.15 |  

 

Conférence de presse du FCE, hier, à Alger
 

Dans le cadre du «Plaidoyer du FCE», Ali Haddad entend soumettre au gouvernement l’ouverture du secteur industriel au privé.

L’ouverture de l’ensemble des secteurs d’activité au privé, tel est le nouveau cheval de bataille du Forum des chefs d’entreprises (FCE). C’est la principale revendication que l’organisation patronale entend soumettre au gouvernement dans le cadre du «Plaidoyer du FCE», un document-cadre synthétisant les principales propositions du Forum pour la relance économique et qui devrait être finalisé dans les 20 jours.

Le président du FCE, Ali Haddad a ainsi indiqué, hier à Alger, au cours d’une conférence de presse sanctionnant les travaux du conseil exécutif élargi aux membres du Forum, que son organisation réclame des autorités l’ouverture totale de l’ensemble des activités économiques encore au privé national. Il s’appuie d’ailleurs sur l’article 37 de la Constitution garantissant la liberté d’entreprendre dans le commerce et l’industrie pour étayer ses revendications.

Partant de là, il pense que tous les secteurs encore dominés par le public devraient être ouverts, même ceux liés au transport maritime et aérien ainsi que l’amont hydrocarbure.  C’est autour de cette question que s’articule le Plaidoyer, un plan quinquennal proposé par le secteur privé pour faire face à la crise induite par la chute des cours du brut.  Si des thèmes traditionnels – baisse de la pression fiscale, accès au foncier et aux crédits, réforme bancaire et financière –constituent une partie de l’ossature de ce plan, les propositions du FCE se caractérisent aujourd’hui par une ambition qui monte d’un cran, du moins du point de vue des revendications.

A ce titre, le patron des patrons, qui a égrené les grandes lignes du Plaidoyer, a précisé qu’au-delà de l’assainissement fiscal tendant à intégrer la masse financière informelle dans les circuits déclarés, le FCE sollicite une baisse du niveau de l’IBS à 15% pour les activités de production de biens et services contre 30% pour les activités d’importation, ainsi que la suppression de la TAP. Il plaide également pour la réforme de la fiscalité locale afin de décentraliser la décision économique. 

Concernant le dossier du foncier, M. Haddad évoque la nécessité de lever tous les verrous sur la disponibilité d’assiettes foncières en autorisant le secteur privé à créer et à aménager des parcs industriels le long de l’autoroute ainsi que partout ailleurs, notamment dans le Sud et le Grand-Sud. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il revendique la concession au privé national de plusieurs milliers d’hectares pour le développement d’activités aussi bien industrielles qu’agricoles.

Le président du FCE évoque également la nécessité de créer un fonds d’investissement doté de 10 milliards de dollars ainsi que le lancement d’un grand emprunt national de 23 milliards de dollars pour capter, dit-il, «la formidable masse monétaire en circulation sur le marché sans pour autant servir des activités productives». L’organisation patronale table également sur la création de plateformes portuaires dédiées aux exportateurs, l’allongement des délais de rapatriement des devises ainsi que l’implantation de banques étrangères à l’étranger afin de faciliter l’activité des exportateurs.

Le patron des patrons évoque également, sous couvert de l’amélioration de l’environnement de l’entreprise, des réformes d’incitation ultralibérale. Il parle ainsi de flexibilité du système de gestion des relations de travail et d’ouverture au privé national des secteurs de la formation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, du transport aérien et maritime ainsi que celui des infrastructures.  Le patron de l’ETRHB qui, notons-le, dispose d’un agrément pour les activités hydrocarbures depuis 2008, a également plaidé pour l’ouverture de l’amont hydrocarbure au privé national ainsi que la simplification des procédures d’agrément et de certification pour ces activités.

De même qu’il sollicite la création de partenariats public-privé et de joint-ventures dans le secteur. L’objectif des réformes étant, selon M. Haddad, de sortir de la dépendance aux hydrocarbures, d’atteindre un taux de croissance moyen de 8% à l’horizon 2020 et de créer à cette échéance plus de 2 millions d’emplois.  Et c’est donc décomplexé que le patron des patrons a estimé que les économies fortes reposent sur un secteur privé fort, dominant et dynamique. M. Haddad a également émis le souhait de ne plus voir de subventions accordées aux entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, dans ce contexte de crise à venir où l’argent, dit-il, se fera rare.
 

Roumadi Melissa

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